Résultats de l’étude SERVE-HF



Résultats initiaux de l’étude SERVE-HF

L’analyse en intention de traiter1 de l’étude SERVE-HF a démontré que la ventilation auto-asservie (VAA ou ASV – adaptive servo-ventilation) n’affectait pas le critère d’analyse principal : critère combiné associant les décès de toutes causes et les hospitalisations non prévues pour aggravation de l’insuffisance cardiaque. 

Toutefois, quelles qu’en soient les causes (toutes causes ou cardiovasculaires), la mortalité était nettement supérieure dans le groupe traité par VAA.1

   

Le sur-risque de décès d’origine cardiovasculaire observé dans le groupe traité par VAA dans le cadre de l’étude SERVE-HF a été confirmé par une analyse post-hoc.2

Le risque de mortalité a uniquement été observé chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque systolique et d’un syndrome d’apnées centrales du sommeil prédominant traités par VAA.

Une méthodologie statistique robuste (c.-à-d., une analyse multivariée, appelée « multistate-multivariate model » en anglais) a été utilisée dans le cadre de l’étude SERVE-HF.3

Les conclusions principales de cette analyse statistique sont les suivantes :

 - Il existe un risque de mort subite hautement susceptible d’être associé à une arythmie cardiaque.

 - Il existe une relation claire et statistiquement significative entre le risque de mortalité et la fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) du patient, le risque étant accru chez les sujets présentant une faible fraction d’éjection.

Associations entre le traitement par ventilation auto-asservie et le décès d’origine cardiovasculaire, sans hospitalisation préalable pour cause d’aggravation de l’insuffisance cardiaque ou sans événement d’importance vitale

Par conséquent, il est donc confirmé que le risque de mortalité observé concerne les patients dont la FEVG est ≤ 45 % et que les effets néfastes de la VAA sont associés à une dysfonction systolique ventriculaire gauche préexistante.

Contre-indications : Le traitement par VAA est contre-indiqué chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque chronique et symptomatique (NYHA 2-4) avec une  fraction d’éjection du ventricule gauche altérée (FEVG ≤ 45 %) et un syndrome des apnées du sommeil modéré à sévère, à prédominance centrale.

* Résultats ajustés dans le cadre d’un traitement par défibrillateur cardioverteur implantable (DCI), de la proportion de respiration de Cheyne-Stokes (RCS) au début de l’étude et de la fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) au début de l’étude.

La VAA ne semble pas avoir d’effet négatif sur la fonction du ventricule gauche

 L’étude ancillaire principale de SERVE-HF4 a démontré que le traitement par VAA n’avait aucun effet sur la fonction ventriculaire gauche ou sur le remodelage et n’affectait pas les marqueurs systémiques associés au syndrome de l’insuffisance cardiaque, tels que les neuro-hormones circulantes. 

En outre, aucune augmentation significative du nombre d’hospitalisations résultant d’une aggravation de l’insuffisance cardiaque n’a été observée au cours de l’étude1. En conséquence, il est peu probable que le risque de mortalité soit attribuable à une détérioration de la fonction ventriculaire gauche. 

Le risque de mortalité observé dans le cadre de l’étude SERVE-HF n’est pas lié au niveau de pression positive administré5

Il est également peu probable que l’utilisation de pressions positives excessives soit à l’origine du risque de mortalité. Une analyse en sous-groupe a confirmé que le risque n’était pas lié au niveau de pression délivrée. Cette dernière était par ailleurs individuellement adaptée pour chaque patient prenant part à l’étude.

 

Conclusion

En conclusion, en présence d’une dysfonction ventriculaire gauche et d’un syndrome d’apnées centrales du sommeil prédominant, la VAA peut donc s’avérer dangereuse. Les patients dont le ventricule gauche est dilaté ou affaibli font partie d’un groupe particulièrement vulnérable et certains courent le risque d’une mort cardiaque subite causée par des arythmies coexistantes. Dans le contexte des pratiques cliniques actuelles, ce risque a entraîné l’utilisation croissante de défibrillateurs cardiaques implantables (AICD – Automatic Implantable Cardiac Defibrillator).

Le traitement par VAA est contre-indiqué chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque chronique et symptomatique (NYHA 2-4) avec fraction d’éjection du ventricule gauche altérée (FEVG ≤ 45 %) et d’un syndrome des apnées du sommeil modéré à sévère à prédominance centrale.

Les patients présentant une insuffisance cardiaque avec FEVG > 45 % et un SACS peuvent bénéficier d’un traitement par VAA, ainsi que les patients en dehors de l’insuffisance cardiaque présentant des apnées centrales du sommeil. 6,7,8,9



Références

  • 01

    Cowie MR & al. Adaptive Servo-Ventilation for Central Sleep Apnea in Systolic Heart Failure. New England Journal of Medicine, 2015 Sep 17;373(12):1095-105

  • 02

    Woehrle H, Cowie MR, Christine Eulenburg C et al. Adaptive servo ventilation for central sleep apnoea in heart failure: results of the SERVE-HF on-treatment analysis. submitted to JAMA and presented at ATS congress 2016

  • 03

    Eulenburg C & al. Mechanisms underlying increased mortality risk in patients with heart failure and reduced ejection fraction randomly assigned to adaptive servoventilation in the SERVE-HF study: results of a secondary multistate modeling analysis. Lancet Respiratory Medicine, 2016 Aug 31, pii: S2213-2600(16)30244-2

  • 04

    Cowie MR, Woehrle H, Karl Wegscheider K et al. Adaptive Servo-Ventilation for Central Sleep Apnoea in Systolic Heart Failure: Echocardiographic, cMRI and biomarker results of the major substudy of SERVE-HF (Major sub-study - presented at ATS. Submitted to Eur Heart J)

  • 05

    Woehrle et al. Adaptive Servo-ventilation (ASV) pressures and cardiovascular mortality risk in SERVE-HF. European Respiratory Journal, 2016 Sept 01, volume 48, issue suppl 60

  • 06

    Randerath W et al. ERJ Express. Published on December 5, 2016 as doi: 10.1183/13993003.00959-2016

  • 07

    Aurora et al. Journal of Clinical Sleep Medicine, Vol. 12, No. 5, 2016 http://dx.doi.org/10.5664/jcsm.5812

  • 08

    d’Ortho et al. European Respiratory & Pulmonary Diseases, 2016;2(1) http://doi.org/10.17925/ERPD.2016.02.01.

  • 09

    Priou P & al. Adaptive servo-ventilation: How does it fit into the treatment of central sleep apnoea syndrome Expert opinions. Revue des Maladies Respiratoires, 2015 Dec, 32(10):1072-81